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Christian BLANC a publié un point de vue dans l'édition du lundi 27 mars du journal Les Echos. Le voici reproduit ici.
Les jeunes Français sont victimes d'une rupture de la solidarité entre générations. Faute de croissance, ils s'intègrent difficilement dans la vie active. Faute de courage de la classe dirigeante pour réformer l'Etat, ils s'apprêtent à supporter le poids d'une dette immense constituée pour payer les dépenses courantes de leurs aînés et non pour investir dans le futur. Faute d'ambition pour la recherche et l'enseignement supérieur, ils risquent de se trouver progressivement coupés de l'excellence mondiale.
Pour conjurer ces trois menaces, il aurait fallu ouvrir trois grands chantiers au cours du quinquennat qui s'achève. Le premier est la réduction de la dépense publique. Il n'a jamais été esquissé. Le deuxième est la réforme de l'Etat et de la démocratie. Il a été abandonné lorsque les conservateurs de toutes obédiences ont réduit à la portion congrue l'ambition décentralisatrice exprimée en 2002. Le troisième, sans doute le plus important, est la définition d'une stratégie de croissance durable. Il vient d'être à son tour sacrifié sur l'autel de la communication et des mesurettes directement applicables. Le débat sur la recherche qui s'est achevé mardi 23 mars au Parlement consacre l'échec sur ce troisième chantier prioritaire.
La crise ouverte par les chercheurs avait donné au gouvernement l'occasion d'une prise de conscience partagée et donc d'une réforme en profondeur. Le moment était venu de réhabiliter les universités en les rendant enfin autonomes, comme le sont leurs homologues étrangères. Le moment était venu de mettre la recherche au coeur de la société en transférant ses laboratoires à des universités puissantes, visibles internationalement : véritables lieux de synergie entre la jeunesse, l'excellence scientifique et le monde économique. Le moment était venu de profiter de l'enthousiasme créé par les pôles de compétitivité pour dépasser les vieux clivages stérilisants entre monde académique et monde économique, ou entre recherche fondamentale et recherche appliquée.
Au lieu de cela, à quoi avons-nous assisté ? Inconscient des défis que la mondialisation impose à
Les conséquences de ce manque d'ambition sont lourdes. Coincées dans un statut inadapté, nos universités risquent d'être toujours à la traîne dans les classements internationaux.
Pendant que le gouvernement fait prendre du retard à