Christian BLANC était l’invité d’une table ronde organisée mercredi 5 avril 2006 par
En introduction de son intervention, Christian Blanc rappelle l’évolution du PIB de
Pourtant chaque année, les Gouvernements, de gauche comme de droite, présentent un budget basé sur une hypothèse de croissance de 2,5 % qui est simplement construit en fonction des dépenses de l’Etat. Ainsi, depuis de nombreuses années, pour son fonctionnement, à partir du 15 octobre chaque année, l’Etat emprunte. De plus, tout le monde s’accorde à constater que les taux d’emprunts, aujourd’hui à 2 % atteindront les 3% dans les 18 mois. Ce fonctionnement génère depuis près de 25 ans une dette dont le montant est colossal.
Sans croissance, rien n’est possible. Les acquis sociaux ne sont que des chèques sans provisions. On ne peut redistribuer sans créer. Même pour payer les fonctionnaires, que 75 % des jeunes veulent devenir, il faut de l’argent et celui-ci ne tombe pas du ciel. La croissance est vitale à la bonne santé de l’économie, du sociétal, de la culture, …
Depuis la fin de la deuxième Guerre mondiale, jamais
Une des causes du refus du CPE est l’absence de croissance. Dans tous les pays où la flexibilité a été introduite, cela ne pose pas de problèmes car ceux-ci affichent de bons taux de croissance. Ce n’est pas la flexibilité qui créé de l’emploi, c’est la croissance. Au-delà des mouvements liés au CPE, c’est bien le problème d’une génération que
Notre pays n’accueille pas sa jeunesse. Les générations plus anciennes leur laisse le soin de régler leur facilités : la dette et leur retraite.
Les banlieues, le CPE ne sont que des prémisses à une crise plus grave. Si l’on ne redresse pas
Pourtant Christian Blanc est optimiste : OUI, la croissance est possible. Mais il y a un problème d’écosystème et les freins doivent être levés. Pour cela il est vital de :
- donner les compétences économiques aux régions. La clef de l’économie de l’innovation, c’est la vitesse. Le territoire de la région a une taille idéale pour permettre aux idées de circuler, sans passer par Paris.
- réhabiliter les universités, paralysées par la lourdeur de leur conseil d’administration et par leur dépendance à l’Etat.
- favoriser la circulation des idées en faisant parler des gens qui n’ont pas l’habitude de parler ensemble : chercheurs, universitaires et entrepreneurs.
Notre modèle a magnifiquement fonctionné pendant 40 ans. Tous les pays développés ont basculés dans l’économie de l’innovation il y a 10 ans : clusters mise en synergie facteurs de la connaissance et entreprises. Ayant visité des entreprises de l’agglomération mulhousienne, et face à leur inquiétude déjà constaté par Christian Blanc sur le manque de moyens financiers que peut fournir l’Etat d’une part et par l’énorme quantité d’énergie que doivent dépenser les entreprises pour faire face au parcours du combattant qu’est l’obtention d’une subvention, Christian Blanc appelle de ses vœux le nécessaire développement du capital risque.
La France a de la chance, elle a tous ces potentiels qui font la force de cette économie.
Félicité pour cette analyse de la situation en France, Christian Blanc n’en est pas moins interpelé sur les problématiques locales. Mulhouse, ville industrielle connaît un fort taux de chômage. N’ayant pas la prétention d’avoir une réponse locale, Christian Blanc rappelle toutefois qu’il n’y a plus de compétitivité possible pour tout ce qui touche à la production. Du fait des structures de notre économie et des mutations industrielles, la délocalisation de la production est inéluctable et certaines régions sont plus touchées que d’autres. Il rappelle que la valeur ajoutée se fait en amont (innovation) et en aval (distribution, marketing, etc.) de la phase de production. Il illustre ces propos à l’aide de l’exemple de l’entreprise Rossignol qui, ayant anticipé cette situation, a pu maintenir ses effectifs en les accompagnant tout en délocalisant la phase de production.
Le Président de l’Université de Haute-Alsace a exprimé son souhait de rester une Université de « petite » taille accueillant 8000 étudiants. Selon lui, la taille n’est pas liée à l’excellence et prend pour exemple l’Université de Bâle qui compte également 8000 étudiants et qui se trouve dans le classement de Shangaï. Christian Blanc confirme ce point de vue, encourage les Universités qui souhaitent conserver une taille modeste à le faire et celles qui souhaitent se regrouper à le faire, pour des raisons de visibilité notamment. Il fait remarquer que les Universités en tête du classement de Shangaï sont de très grosses Universités. Au bout du compte, c’est bien l’excellence qui est importante.
Un auditeur constatant que le diagnostic et les propositions exposés sont partagés par le plus grand nombre se demande « pourquoi on ne le fait pas ». Christian Blanc admet que la classe politique est faible et décalée. Les élections de 2007 seront aussi importantes pour notre Pays que celles de 1958. Il ne suffira pas à un candidat d’être élu en 2007. Il faut une impulsion, une révolution légale ou une révolte populiste. Quand on sait ce qu’il faut faire, à nous de voir qui peut le faire.
Un auditeur regrette que la question de l’Europe ne soit pas évoquée. Ne s’agissant pas d’un oubli de Christian Blanc, dont les références évoquées dans son intervention sont quasiment toutes européennes, il exprime sa conviction sur la question. Seule une Europe forte, une Europe de la médiation, pourra être gage de paix et de stabilité dans le monde dans les décennies à venir, en contrepoids de deux superpuissances antagonistes que sont les Etats-Unis d’Amérique et
Un auditeur craint que le modèle économique décrit par Christian Blanc soit l’expression d’une tentation aux sirènes de la financiarisation ou de la mondialisation. En nous remémorant les moments de joie qu’à procurer la victoire de l’équipe de France de football en 1998, Christian Blanc nous montre que
La table ronde s'est terminée par une séance de dédicaces...
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