Sommaire

Bienvenue

Jeudi 20 avril 2006

Christian BLANC était l’invité d’une table ronde organisée mercredi 5 avril 2006 par la Ville de Mulhouse dans le cadre des rencontres avec les habitants. Le thème était : réussir les mutations économiques et relever le défi de la concurrence des territoires. A sa table : M. Philippe MAITREAU, adjoint au Maire de Mulhouse en charge des actions économiques et M. Raymond COUREAU, animateur.

 

En introduction de son intervention, Christian Blanc rappelle l’évolution du PIB de la France sur la période des dernières décennies, corollaire de la croissance qui stagne à moins de 2 %.  Il met en évidence son distancement grandissant avec celle de pays comme la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis et constate qu’elle est depuis longtemps insuffisante pour maintenir notre modèle social. Notre modèle économique, hérité d’une période de rattrapage, n’est pas adapté à notre environnement. Par conséquent, il ne produit pas suffisamment de croissance.

Pourtant chaque année, les Gouvernements, de gauche comme de droite, présentent un budget basé sur une hypothèse de croissance de 2,5 % qui est simplement construit en fonction des dépenses de l’Etat. Ainsi, depuis de nombreuses années, pour son fonctionnement, à partir du 15 octobre chaque année, l’Etat emprunte. De plus, tout le monde s’accorde à constater que les taux d’emprunts, aujourd’hui à 2 % atteindront les 3% dans les 18 mois. Ce fonctionnement génère depuis près de 25 ans une dette dont le montant est colossal.

Sans croissance, rien n’est possible. Les acquis sociaux ne sont que des chèques sans provisions. On ne peut redistribuer sans créer. Même pour payer les fonctionnaires, que 75 % des jeunes veulent devenir, il faut de l’argent et celui-ci ne tombe pas du ciel. La croissance est vitale à la bonne santé de l’économie, du sociétal, de la culture, …

Depuis la fin de la deuxième Guerre mondiale, jamais la France n’avait connu pire situation en matière de finance publique. Nous sommes à un moment crucial de notre Histoire et c’est pourquoi les prochaines élections présidentielles seront aussi importantes que celles de 1958. Il ne suffira pas à un candidat d’être élu. Il faudra qu’il fasse preuve de lucidité et de courage pour se questionner sur ce qu’il peut faire pour la France.

Une des causes du refus du CPE est l’absence de croissance. Dans tous les pays où la flexibilité a été introduite, cela ne pose pas de problèmes car ceux-ci affichent de bons taux de croissance. Ce n’est pas la flexibilité qui créé de l’emploi, c’est la croissance. Au-delà des mouvements liés au CPE, c’est bien le problème d’une génération que la France n’accueille pas qui s’exprime.

Notre pays n’accueille pas sa jeunesse. Les générations plus anciennes leur laisse le soin de régler leur facilités : la dette et leur retraite.

Les banlieues, le CPE ne sont que des prémisses à une crise plus grave. Si l’on ne redresse pas la France dans ces fondamentaux, cela va mal se terminer.

Pourtant Christian Blanc est optimiste : OUI, la croissance est possible. Mais il y a un problème d’écosystème et les freins doivent être levés. Pour cela il est vital de :

- donner les compétences économiques aux régions. La clef de l’économie de l’innovation, c’est la vitesse. Le territoire de la région a une taille idéale pour permettre aux idées de circuler, sans passer par Paris.

- réhabiliter les universités, paralysées par la lourdeur de leur conseil d’administration et par leur dépendance à l’Etat.

- favoriser la circulation des idées en faisant parler des gens qui n’ont pas l’habitude de parler ensemble : chercheurs, universitaires et entrepreneurs.

 

Notre modèle a magnifiquement fonctionné pendant 40 ans. Tous les pays développés ont basculés dans l’économie de l’innovation il y a 10 ans : clusters mise en synergie facteurs de la connaissance et entreprises. Ayant visité des entreprises de l’agglomération mulhousienne, et face à leur inquiétude déjà constaté par Christian Blanc sur le manque de moyens financiers que peut fournir l’Etat d’une part et par l’énorme quantité d’énergie que doivent dépenser les entreprises pour faire face au parcours du combattant qu’est l’obtention d’une subvention, Christian Blanc appelle de ses vœux le nécessaire développement du capital risque.

La France a de la chance, elle a tous ces potentiels qui font la force de cette économie. La France peut redevenir une grande puissance économique, leader en Europe dans les 5 à 10 ans à venir.

Félicité pour cette analyse de la situation en France, Christian Blanc n’en est pas moins interpelé sur les problématiques locales. Mulhouse, ville industrielle connaît un fort taux de chômage. N’ayant pas la prétention d’avoir une réponse locale, Christian Blanc rappelle toutefois qu’il n’y a plus de compétitivité possible pour tout ce qui touche à la production. Du fait des structures de notre économie et des mutations industrielles, la délocalisation de la production est inéluctable et certaines régions sont plus touchées que d’autres. Il rappelle que la valeur ajoutée se fait en amont (innovation) et en aval (distribution, marketing, etc.) de la phase de production. Il illustre ces propos à l’aide de l’exemple de l’entreprise Rossignol qui, ayant anticipé cette situation, a pu maintenir ses effectifs en les accompagnant tout en délocalisant la phase de production.

Le Président de l’Université de Haute-Alsace a exprimé son souhait de rester une Université de « petite » taille accueillant 8000 étudiants. Selon lui, la taille n’est pas liée à l’excellence et prend pour exemple l’Université de Bâle qui compte également 8000 étudiants et qui se trouve dans le classement de Shangaï. Christian Blanc confirme ce point de vue, encourage les Universités qui souhaitent conserver une taille modeste à le faire et celles qui souhaitent se regrouper à le faire, pour des raisons de visibilité notamment. Il fait remarquer que les Universités en tête du classement de Shangaï sont de très grosses Universités. Au bout du compte, c’est bien l’excellence qui est importante.

Un auditeur constatant que le diagnostic et les propositions exposés sont partagés par le plus grand nombre se demande « pourquoi on ne le fait pas ». Christian Blanc admet que la classe politique est faible et décalée. Les élections de 2007 seront aussi importantes pour notre Pays que celles de 1958. Il ne suffira pas à un candidat d’être élu en 2007. Il faut une impulsion, une révolution légale ou une révolte populiste. Quand on sait ce qu’il faut faire, à nous de voir qui peut le faire.

Un auditeur regrette que la question de l’Europe ne soit pas évoquée. Ne s’agissant pas d’un oubli de Christian Blanc, dont les références évoquées dans son intervention sont quasiment toutes européennes, il exprime sa conviction sur la question. Seule une Europe forte, une Europe de la médiation, pourra être gage de paix et de stabilité dans le monde dans les décennies à venir, en contrepoids de deux superpuissances antagonistes que sont les Etats-Unis d’Amérique et la Chine.

Un auditeur craint que le modèle économique décrit par Christian Blanc soit l’expression d’une tentation aux sirènes de la financiarisation ou de la mondialisation. En nous remémorant les moments de joie qu’à procurer la victoire de l’équipe de France de football en 1998, Christian Blanc nous montre que la France est capable de gagner avec les règles internationales. En effet, jamais la France n’a demandé à jouer avec un ballon plus gros, sur un terrain plus petit ou plus large, bref avec des règles d’exception. La France peut gagner avec les règles du marché. Or la France a de nombreux atouts. L’économie de l’innovation n’a rien à voir avec le capitalisme dont on a parlé pendant un siècle. L’économique et le social vont de paire. Le fait d’élever la qualification générale des salariés est un facteur de progrès. Les syndicats ont leur place dans ce modèle et il est important qu’ils réalisent leur mutation.

La table ronde s'est terminée par une séance de dédicaces...

 

 

Par Jean-Yves - Publié dans : Actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 18 avril 2006

Christian Blanc interviendra dans les médias :

- Mercredi 19 avril à partir de 23h00 sur France 3 dans l'émission Culture et dépendances de Franz-Olivier Giesbert

- Jeudi 20 avril entre 16h30 et 17h30 sur le chat de http://www.debat2007.fr/ sur le thème "croissance, emploi, compétitivité : quelles réformes pour 2007 ?"

Par Jean-Yves - Publié dans : Livres
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 12 avril 2006

Les points forts de l’activité de l’Ami Public en 2005 ont été :

 

  1. la poursuite des chantiers de réflexion ;

     

  2. l’extension du réseau de partenaires ;

     

  3. la mobilisation en faveur de la constitution européenne.

     

1. Le groupe de travail sur la « société rêvée » animé par Alain de Vulpian et Hervé Chaygneaud-Dupuy a continué son travail. Le groupe organise des rencontres d’échanges d’expériences entre personnalités politiques et « personnes ordinaires » et des ateliers de la citoyenneté ainsi que des réunions en régions pour faire émerger le rêve latent de la société française. Le groupe de travail est parvenu à la rédaction d’un premier texte qui pourrait être publié prochainement. Nous vous en tiendrons bien sûr informé.

 

Les chantiers portant sur la réforme (Observatoire de la réforme) et sur la détérioration du travail dans nos sociétés sont restés en réserve faute de moyens.

 

 

2. Les partenariats avec d’autres clubs, associations ou partis se sont fait plus nombreux, notamment du fait d’une mobilisation commune pour promouvoir la Constitution Européenne. Il faut notamment noter l’engagement de plus en plus affirmé de nombreux membres de l’Ami Public dans l’association « Générations Europe » (http://generationseurope.over-blog.com/) qui a souhaité donner lieu à un véritable parti politique d’inspiration sociale libérale, dont l’objectif et de participer à la naissance d’un centre fort en France : Initiative Européenne et Sociale (http://initiativeeuropeenneetsociale.over-blog.com/). Le partenariat avec Energies Démocrates reste également très affirmé et privilégié (www.energiesdemocrates.com).

 

 

3. L’Ami Public s’est engagé très fortement pour soutenir les initiatives en faveur du OUI à la ratification référendaire de la constitution européenne. De nombreuses contributions ont été diffusées sur le site de l’Ami Public (www.amipublic.com).

 

 

Pour l’année 2006, l’Ami Public entend continuer son travail de réflexion et de proposition en se concentrant sur deux axes majeurs qui nous paraissent déterminant pour les années ou les mois à venir :

 

-         la réforme de l’État ;

 

-         la résorption de la dette publique.

 

 

Pour ce faire des groupes de travail seront mis en place qui produiront des comparaisons avec d’autres pays, permettront d’échanger les expériences entre experts, citoyens, responsables politiques, et d’aboutir sur des propositions.

 

 

Nous continuerons à diffuser les informations sur notre site « projet pour l’alsace ». D’autre part nous appelons toutes les personnes intéressées par la participation à nos groupes de réflexions à nous rejoindre. Les initiatives, propositions de manifestations en relation avec les thèmes abordés ou de débat, les participations de toute sorte (sur le blog « projet pour l’Alsace », sur le forum du site de l’ami public, lors de rencontres en Alsace que nous pourrons organiser,…) sont les bienvenues !

 

Par Laurent Py - Publié dans : Actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 28 mars 2006

Christian BLANC a publié un point de vue dans l'édition du lundi 27 mars du journal Les Echos. Le voici reproduit ici.

Les jeunes Français sont victimes d'une rupture de la solidarité entre générations. Faute de croissance, ils s'intègrent difficilement dans la vie active. Faute de courage de la classe dirigeante pour réformer l'Etat, ils s'apprêtent à supporter le poids d'une dette immense constituée pour payer les dépenses courantes de leurs aînés et non pour investir dans le futur. Faute d'ambition pour la recherche et l'enseignement supérieur, ils risquent de se trouver progressivement coupés de l'excellence mondiale.

 

Pour conjurer ces trois menaces, il aurait fallu ouvrir trois grands chantiers au cours du quinquennat qui s'achève. Le premier est la réduction de la dépense publique. Il n'a jamais été esquissé. Le deuxième est la réforme de l'Etat et de la démocratie. Il a été abandonné lorsque les conservateurs de toutes obédiences ont réduit à la portion congrue l'ambition décentralisatrice exprimée en 2002. Le troisième, sans doute le plus important, est la définition d'une stratégie de croissance durable. Il vient d'être à son tour sacrifié sur l'autel de la communication et des mesurettes directement applicables. Le débat sur la recherche qui s'est achevé mardi 23 mars au Parlement consacre l'échec sur ce troisième chantier prioritaire.

 

La crise ouverte par les chercheurs avait donné au gouvernement l'occasion d'une prise de conscience partagée et donc d'une réforme en profondeur. Le moment était venu de réhabiliter les universités en les rendant enfin autonomes, comme le sont leurs homologues étrangères. Le moment était venu de mettre la recherche au coeur de la société en transférant ses laboratoires à des universités puissantes, visibles internationalement : véritables lieux de synergie entre la jeunesse, l'excellence scientifique et le monde économique. Le moment était venu de profiter de l'enthousiasme créé par les pôles de compétitivité pour dépasser les vieux clivages stérilisants entre monde académique et monde économique, ou entre recherche fondamentale et recherche appliquée.

 

Au lieu de cela, à quoi avons-nous assisté ? Inconscient des défis que la mondialisation impose à la France , le gouvernement a privilégié la méthode des petits pas, refusant de mettre en cohérence la recherche, l'Université et la création de croissance. Les quelques mesures positives que comporte la loi sont noyées dans une débauche de nouvelles structures à haut risque bureaucratique. Création de l'Agence nationale pour la recherche pour ne pas avoir à réformer le CNRS. Création des pôles de recherche et d'enseignement supérieur pour ne pas aborder la question des universités. L'absurde séparation, quasi unique au monde, entre recherche et Université a été maintes fois réaffirmée. A tel point que les députés qui souhaitaient ouvrir la possibilité d'expérimenter l'autonomie à certaines universités se sont vu rétorquer qu'ils étaient hors sujet, puisque la réforme traitait de la recherche et non de l'Université !

 

Les conséquences de ce manque d'ambition sont lourdes. Coincées dans un statut inadapté, nos universités risquent d'être toujours à la traîne dans les classements internationaux. La France restera l'un des pays de l'OCDE qui investit le moins sur ses étudiants, car chacun a conscience qu'augmenter les moyens de l'enseignement supérieur sans réformer son organisation revient à arroser en terrain stérile. La tentation d'aller réussir hors de France sera toujours plus grande chez les plus brillants de nos jeunes chercheurs. La matière grise ne se stocke pas et la France risque de ne pas savoir retenir les potentiels dont elle dispose. Au total, notre économie se privera d'une grande partie de ses capacités d'innovation, seules capables de remettre le pays sur les rails d'une croissance durable.

 

Pendant que le gouvernement fait prendre du retard à la France sur les sujets essentiels, la funeste méthode des petits pas fait également des dégâts sur des sujets secondaires et rapproche un peu plus notre pays du chaos. Ainsi le CPE - nouveau type de contrat de travail ni plus génial ni plus absurde que ceux, nombreux, qui existent déjà - est en train de servir de catalyseur à un début de révolte de la jeunesse. Espérons qu'une étincelle ne mettra pas le feu aux poudres et que les jeunes - et avec eux tous les Français - sauront exiger que les questions fondamentales soient enfin mises au cœur des débats en 2007.

Par Jean-Yves - Publié dans : Economie et solidarité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 7 mars 2006

La situation politique du pays est très tendue, socialement et économiquement. Les événements de novembre dernier dans les banlieues marquent  le début d’une période instable. Les peurs et les inquiétudes des français sont palpables.

 

La période qui nous sépare des prochaines élections est incertaine et sera marquée par des événements bizarres de remise en questions du système et des symboles. Les aventures du Clemenceau, la commission d’enquête parlementaire sur Outreau dénié par les magistrats, les ratés du procès Corse en sont les prémisses. Dans 14 mois, si nous arrivons jusque là, le pays sera dans un état au bord de l’insurrection.

 

La classe politique, avec le Président devant est représentative de l’état du pays : ils ont décroché. Le gouvernement ne maîtrise plus rien, et ne communique que sur des émotions collectives. Le seul discours de fond a été celui du Président de la République sur notre doctrine nucléaire…

 

En 2007, l’équipe qui conduira le pays n’aura pas le choix. Elle sera dans l’obligation de réduire les dépenses du pays en un ou deux ans, et sans croissance. Cela veut dire réduire de 20 % les dépenses, tout en augmentant certains secteurs comme la recherche ou l’université. Cela ne pas une tâche facile, voire infaisable. D’autant plus que lors du rendez vous de 2008 sur les retraites, il va apparaître clairement que les engagements pris ne pourront être tenus. Cependant, si rien n’est fait, notre pays sera très rapidement dans une situation révolutionnaire dangereuse (suicidaire). La seule solution est de réaliser une refonte révolutionnaire des structures de notre pays comme l’ont déjà fait le Canada ou la Suède par exemple.

Par Jean-Yves - Publié dans : Actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 15 février 2006

Les Editions Odile Jacob publient "La croissance ou le chaos", livre signé par Christian Blanc qui fait suite à son rapport "L'écosystème de la croissance". Cet ouvrage constitue une mise en garde et un appel à la mobilisation des consciences de ce Pays pour combattre la paralysie de ses énergies et de ses potentiels qui, si rien ne change, conduira au chaos notre économie et par la même notre modèle social.

Au cours des 25 dernières années l'économie mondiale a connu une immense transfor-mation dont la mondialisation est la principale cause. Inconscients ou incompétents, les dirigeants politiques n'ont jamais expliqué aux Français ces bouleversements et leurs conséquences :

Ils n'ont jamais dit aux Français qu'à la fin des années 1970, notre PIB par tête dépassait de 25 % celui des Anglais, et qu'aujourd'hui celui des Anglais est supérieur de 10 % au nôtre.

Ils n'ont jamais dit aux Français que le maintien des mécanismes de solidarité nécessite une croissance du PIB de 3 % par an alors que la France ne fait que 1,9 % en moyenne depuis 15 ans. Ils ne leur ont jamais dit que pour sauver la protection sociale, la France s'endette chaque année, au détriment des jeunes générations.

Ils n'ont jamais dit aux Français que la déprime économique est une exception française. On leur répète que l'Allemagne n'est pas dans une meilleure situation, mais on ne leur dit jamais que la réunification coûte à l'Allemagne 80 milliards d'euros par an, soit plus de 1000 milliards depuis 15 ans, soir l'équivalent de la totalité de la dette de la France.

Ils n'ont jamais dit aux Français que le cercle vicieux de la croissance molle et de l'endettement fait courir un danger mortel au pays : celui de la banqueroute et du chaos social.

La gravité des problèmes étant occultée, les solutions ne sont même pas esquissées :

Ils n'ont jamais dit aux Français que l'avenir de leur économie et donc de leur niveau de vie repose sur l'innovation. Pire, la question de la création de richesse est absente d'un débat politique accaparé par la question de la redistribution de richesses de plus en plus imaginaires.

Ils n'ont jamais dit aux Français que la matière grise est la ressource la plus importante dans l'économie moderne et que cela constitue une formidable opportunité à saisir pour la France. Ils ne leur ont jamais dit que nous disposons de tous les potentiels pour faire de la croissance.

Ils n'ont jamais dit aux Français qu'il existe des modes d'organisation de la production qui permettent une forte croissance dans des pays et des régions - dirigés par la droite ou par la gauche - aussi éloignés culturellement que la Suède, la Catalogne, le Canada, la Bavière... Et surtout ils ne leur ont jamais dit qu'il est possible de s'inspirer de ces réussites.

Ils n'ont jamais dit aux Français que la centralisation est un vestige d'un monde révolu et un terrible frein à la croissance. Ils ne leur ont jamais dit que, partout dans nos régions, des énergies sont prêtes à se mettre en mouvement pour peu que l'Etat relâche sa tutelle.

Ils n'ont jamais dit aux Français que les universités françaises sont déclassés dans la compétition mondiale, que les résultats de la recherche française sont faibles.

Ils ne leur ont jamais dit que pour améliorer cette situation - qui pénalise les jeunes et handicape notre économie - des réformes sont plus indispensables que l'augmentation des moyens.

Tout cela, Christian Blanc le dit dans "La croissance ou la chaos" parce qu'il ne supporte plus de voir la France gaspiller ses potentiels.

Par Jean-Yves - Publié dans : Livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus